Mastication : un remède contre l’inflammation ?

Par le Dr. Réda Bounab

6 avril 2020

Difficile au premier abord de voir la relation entre mastication et inflammation. Pourtant, en s’immergeant dans la physiologie, les liens se créent…

Mastication_inflammation

Suivez le guide!

L’inflammation est définie comme le système de défense de l’organisme face à un agresseur quelqu’il soit, et qui se manifeste par rougeur, chaleur, œdème, douleur.

C’est un ensemble de réactions complexes qui impliquent en réalité de nombreux systèmes (voir articles Dr Charrié congestion-inflammation).

Inflammation et système neurovégétatif

Le système neurovégétatif est en première ligne dans ce phénomène.

C’est lui qui, à la vitesse de l’électricité dans les nerfs, coordonne la réponse à la fois locale et globale, en central (système nerveux central) comme en périphérie (système nerveux périphérique).

Précieux pancréas 

Le pancréas est un organe fondamental, puisqu’il est responsable de la disponibilité de l’énergie pour le corps.

Il fournit:

  • les enzymes nécessaires à la digestion des nutriments dans le tube digestif.
  • les hormones nécessaires à la régulation du sucre dans le sang : insuline et glucagon.

Il est particulièrement sous la dépendance du Système nerveux parasympathique, notamment du nerf vague ou pneumogastrique.

Il existe donc des liens fonctionnels majeurs entre inflammation, neurovégétatif et pancréas.

Mais la mastication dans tout ça?

En mâchant suffisamment, la stimulation du système parasympathique va activer la production de sécrétions dans les glandes salivaires : la salive ! C’est très similaire à ce qui se déroule dans le pancréas !

La parotide

Cette glande salivaire située entre l’oreille et la mâchoire, est celle qui va produire le plus de salive, avec beaucoup d’eau, de bicarbonates et d’enzymes digestives.

La digestion commence dans la bouche. De plus, broyer finement les aliments imbibés de salive, va grandement faciliter le processus dans les autres parties du tube digestif. Le pancréas aura alors moins besoin de produire d’enzymes pour décomposer les aliments.

Il y aura donc moins besoin de stimulation parasympathique pour produire des sécrétions.
Il y aura donc moins d’inflammation locale et/ou globale.

Tout est lié et interdépendant.

Pour réduire l’inflammation pathologique, cela commence par bien mastiquer.

Par le Dr. Réda Bounab, le 4 avril 2020