Crampes abdominales : cause, sport, règles, remède, que faire ?

Article paru le 11/02/2021 sur « Le journal des femmes ».

crampes

Les crampes abdominales sont des contractions musculaires parfois violentes, longues ou très brèves. Elles sont étroitement liées au fonctionnement du système neurovégétatif. Une prise en charge de fond est souvent nécessaire pour s’en débarrasser. Quelles en sont les causes ? Quels remèdes ? Conseils.

Quels sont les symptômes d’une crampe abdominale ?

Une crampe abdominale est ressentie comme une contraction douloureuse survenant au niveau de l’abdomen. La durée et l’intensité de la crampe abdominale peuvent être variables. « Les douleurs sont spasmodiques« , elles arrivent soudainement, « peuvent monter violemment et faire que la personne se « plie en deux »  » décrit le Dr Charrié, médecin généraliste. Les crampes abdominales peuvent être accompagnées de ballonnements, de constipation ou de diarrhée, de nausée ou de vomissement, selon les cas. Elles peuvent également être accompagnées d’agitation, de douleur violente dans le bas-ventre irradiant au dos ou à la poitrine, avec émission de gaz, d’un ventre dur et/ou distendu, sensible au toucher.

Quelles sont les causes d'une crampe abdominale ?

Reflux gastro-œsophagien, appendicite, intoxication alimentaire, constipation, colique néphrétique, gastro-entérite, pancréatite, maladie thoracique, occlusion intestinale, hoquet, indigestion, stress ou maladie inflammatoire intestinale. Les douleurs de règles et la grossesse sont aussi des causes de crampes abdominales fréquentes. Ces dernières se manifestent au niveau de l’abdomen, du bas ventre, ou de la région de l’utérus.

« Le seul besoin d’aller à la selle, ou pendant la selle » peut provoquer des crampes abdominales, indique le Docteur Charrié. Dans ce cas, la crampe est alors située dans la zone ombilicale ou dans la région sus-pubienne (entre le nombril et le pubis).

La plupart des crampes surviennent sans raison apparente. Cependant, il existe de nombreux facteurs qui en favorisent l’apparition : 

  • le froid,
  • l’abus d’excitants comme l’alcool, le thé, le café,
  • la transpiration abondante,
  • la prise de médicaments diurétiques et laxatifs,
  • les gestes répétés.

Il existe aussi des cas où les crampes ne se manifestent que comme symptômes d’une autre maladie (du système nerveux, les diabètes, des troubles des métabolismes…). Toutefois, « la douleur, ou l’inflammation, ne sont que les révélateurs d’un problème de fond, des symptômes. L’origine des crampes abdominales est neuro-végétative ». Ces dystonies neurovégétatives « se manifestent lorsqu’il existe un conflit entre les systèmes para et alpha-sympathique ». Le système nerveux végétatif qui régule les processus physiologiques de manière automne, indépendamment de la volonté est déséquilibré, souvent « lié au stress » vécu par la personne. Lors d’une crampe abdominale « les muscles se mettent en tétanie ». Ils se contractent de manière involontaire, explique le Dr Charrié, médecin utilisant l’Endobiogénie dans sa réflexion médicale. Il faut alors que l’organisme repasse en mode alpha-sympathique : le métabolisme ralentit, le processus de régénération est enclenché.

Crampe abdominale après le sport : le signe de quoi ?

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Les crampes sont bien connues des sportifs, souvent localisées aux mollets, aux cuisses. « Les crampes abdominales pendant ou après le sport sont liées à la demande d’énergie du corps« . Les muscles se tétanisent, liés à leur sollicitation, et à l’accumulation d’acide lactique pendant les gros efforts. Le manque d’eau engendre généralement ces crampes, tout comme « boire une boisson trop froide ». Lors d’une séance sportive, boire abondamment, par petite quantité, et s’étirer permettent de dissiper et prévenir la crampe.

Crampe abdominale nocturne : le signe de quoi ?

« Les crampes abdominales peuvent apparaitre entre 2 heures et 5 heures du matin, par voie réflexe de la contraction du muscle teniae coli (ou taeniae coli) – muscle situé dans le côlon qui se contracte pour l’évacuation des selles – sous le contrôle du système neurovégétatif » explique le médecin. Ces contractions naturelles peuvent provoquer des crampes. « Ce muscle se contracte également après chaque repas », précise le Dr Charrié, pouvant là aussi engendrer des crampes abdominales.

Quand et qui consulter ?​

Si la crampe abdominale passe après une période de repos, après être aller à la selle, ou avoir pris du Spasfon® ou du paracétamol, par exemple, il est inutile de s’inquiéter. En revanche, une douleur qui plie le sujet en deux et qui reste intense, ou la coexistence d’un autre trouble, doit déclencher l’appel au médecin ou aux urgences.

Quel est le diagnostic ?

Le diagnostic d’une crampe abdominale passe par le récit que fait la personne de ses symptômes et des circonstances dans lesquelles ils sont apparus. Le médecin procède à « un examen clinique, une palpation de la zone abdominale et une réflexion sur les causes des crampes décrites par le patient « . Les données cliniques ainsi recueillies sont importantes pour permettre au médecin de comprendre le patient, d’ajuster le bon traitement, et/ou d’envisager des examens complémentaires « par un bilan biologique : prise de sang, coloscopie, entéroscan » (examen de l’intestin grêle), détaille le Dr Charrié. « Il s’agit d’éliminer les formes grave avant une approche fonctionnelle ».

Quels sont les traitements pour soulager une crampe abdominale ?

Le bon traitement de la crampe abdominale, consiste à traiter la cause. Pour soulager dans l’immédiat, en attendant la consultation médicale, le Spasfon® (antispasmodique), ou le paracétamol peuvent être pris, en première intention. En prescription, dans les cas les plus douloureux, les benzodiazépines (substances qui relâchent les muscles) sont utilisés, mais pas sans effets secondaires (vertiges, maux de tête, endormissement). Lors d’une séance sportive, boire abondamment, par petite quantité, et s’étirer permettent de dissiper et prévenir la crampe.

Quels sont les remèdes naturels ?

Pour le docteur Charrié, médecin généraliste appliquant une médecine préventive et intégrative, et formé à la phytothérapie, un patient ayant des crampes abdominales doit bénéficier d’une prise en charge de fond. Il ne s’agit donc pas de traiter le ou les symptômes de douleurs, mais d’en rechercher la ou les causes neurovégétatives. Il peut s’agir de « revoir l’hygiène alimentaire, et de supprimer ou diminuer les sources inflammatoires comme le café, les produits laitiers, le blé…« .

En premier lieu, il est intéressant d’introduire « la mélisse, la camomille, l’aubépine, la myrtille, la cannelle, en tisane ou dans l’alimentation, afin de réguler les inflammations« . L’amélioration peut être rapide, ou nécessiter « un travail de fond sur 2 à 3 mois. Une cure de magnésium, sur 1 à 2 mois, à raison de 300 mg par jour (à ne pas prendre en cas de diarrhée), ou la cure d’argile et de charbon activé, en gélule, sont régulatrices – à prendre à distance des autres prises de médicaments« . La vitamine C, à raison de 100 mg, 2 à 4 fois par jour participe à la prévention des crampes. En homéopathie, Colocynthis, Dioscorea villosa, et Kalium carbonicum, en 7 CH peuvent être préconisés, après un avis médical.

Merci au Dr Jean-Christophe Charrié, médecin généraliste, président de l’Institut d’Endobiogenie Medecine Preventive et Integrative (IEMPI), et auteur de « Se soigner toute l’année au naturel« , aux Editions Prat

Article rédigé par Samantha PAGES, journaliste rédactrice, diplômée de l’Ecole du Journalisme (EDJ) de Nice. Spécialiste des sujets de santé, santé naturelle, développement personnel, mieux être.

Charrié_Jean_Christophe--enseignant-IEMPI