Covid-19 : Oxygène-souffle de vie. Place du système neuro-endocrinien.

Par le Dr. Nathalie Caron

Le Covid 19 met notre source de vie, l’oxygène, en péril. Quelle est la place du système neuro-endocrinien ? Comment l’intégrer dans la lutte contre le COVID-19 ?

Oxygene
Covid 19 et oxygène.

Le syndrome de détresse respiratoire aiguë. 

Il est responsable d’un tableau clinique appelé syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Celui-ci est associé à une mortalité allant de 30 à 50 %.

Il s’agit d’une atteinte des deux poumons présentant une forte inflammation qui peut entraîner la destruction des alvéoles pulmonaires.

Ces cas nécessitent une réanimation et une prise en charge thérapeutique particulière, qui met  notre système de soins hospitalier à bout de souffle .

Quelle est la place du système neuro endocrinien ?
Comment l’intégrer dans la lutte contre le covid-19 ?

Bulle-oxygène
L'oxygène, c'est la vie.

L’oxygène, c’est la vie.

L’oxygène est une source, présente dans l’air, primordiale pour notre fonctionnement. L’homme respire grâce à son système respiratoire. De la naissance à la mort, nous respirons. Et cela à chaque seconde. Cette respiration se fait de façon inconsciente.

Loupe-système
Quel rôle du système neuro endocrinien ?

Le système neurovégétatif

Il assure majoritairement cette régulation. Il est composé du parasympathique et du sympathique lui-même divisé en deux branches : l’alpha sympathique et béta sympathique.

D’une part, il y a une action sur les bronches, les sécrétions bronchiques et les vaisseaux :

  • Une stimulation sympathique de l’arbre bronchique provoque une dilatation des bronches ainsi qu’une inhibition de la sécrétion de mucus.
  • A contrario, une stimulation parasympathique provoque une constriction des bronches ainsi qu’une stimulation de la sécrétion de mucus.
  • Une stimulation du parasympathique diminue la réactivité vaso-conductrice.
  • Alors que le sympathique favorise la contraction des vaisseaux vasculaires et par le betasympathique favorise la dilatation des vaisseaux des organes nobles et augmente les paramètres du myocarde (fréquence cardiaque, excitabilité, conductibilité).

D’autre part, il a une autre action sur la congestion :

Une congestion active physiologique va réduire l’évacuation normale des fluides par l’alpha sympathique.

Le parasympathique induit de façon physiologique une congestion dite passive.

Le système endocrinien et l’oxygène:

La physiologie intégrative du système endocrinien dans le métabolisme de l’oxygène est complexe mais nous pouvons la résumer à ceci :

Pour produire de l’énergie, il nous faut de l’oxygène et un combustible : le sucre (la source de l’énergie la plus simple et la plus efficace).

D’une part le pancréas intervient dans la gestion de l’énergie à deux niveaux.

Premièrement au niveau endocrinien par le biais des hormones régulatrices de la glycémie. Deuxièmement au niveau de la production des enzymes digestives (lipase, protéase, amylase …).

À noter que la sécrétion de ces enzymes pancréatiques est stimulée par les fibres parasympathiques du nerf vague.

D’autre part, les hormones thyroïdiennes interviennent sur la vitesse de croissance mais surtout sur le métabolisme de toutes les cellules du corps.

Elles augmentent le métabolisme de base et la consommation d’O2 (effet attribué à un découplage des phosphorylations oxydatives dans les mitochondries).

Et enfin, le cortisol libère les réserves d’énergie au moment opportun (situation de stress, énervement, envie d’action, envie de combattre, etc…) et augmente l’apport en sucre dans le sang.

Stimulant la pression du sang dans les artères, il favorise par ailleurs l’apport d’oxygène et de nutriments supplémentaires aux tissus.

Covid 19 et poumons
Poumons et Covid 19

Le Covid 19 et l’oxygène.

Le virus Covid-19 se lie aux cellules humaines par l’intermédiaire de récepteurs spécifiques.

Ces récepteurs se trouvent à la surface des cellules du poumon mais aussi du tube digestif, du rein ou des vaisseaux sanguins.

Ce qui explique au passage l’étendue des symptômes de l’infection, qui ne sont pas que respiratoires.
L’altération des poumons résulte de deux mécanismes : le virus agresse directement le revêtement bronchique et pulmonaire, et entraine aussi une inflammation.

Lors d’une telle agression, les besoins métaboliques seront majorés.

L’organisme met alors en place les séquences physiologiques suivantes : congestion, inflammation et immunité.

COVID-19: la congestion et l’inflammation

La congestion et l’inflammation sont les premiers éléments de réponse adaptative de l’organisme face à une infection. 

La congestion est nécessaire en tant que réponse adaptative contre l’agression.

Son utilité est d’augmenter l’apport et le temps de contact entre l’air ambiant et les alvéoles.

L’inflammation et la congestion viennent apporter localement les éléments nécessaire à la défense de l’organisme. Comme par exemple les macrophages, les neutrophiles, les éosinophiles, les basophiles, les cellules dentritiques constituent en grande partie l’immunité innée( non spécifique).

Lorsque celles-ci perdurent, l’organisme n’est plus équilibré : il perd son homéostasie. Dans ces conditions, elles créent un terrain favorable à l’expression d’une infection ou à son aggravation.

L’organisme se trouve alors dans un état précritique. Il ne manifeste pas encore la maladie mais n’est plus équilibré.

Une réponse excessive ou une hyper activation chronique des systèmes de défense peut conduire à la maladie ou à une mort prématurée.

C’est ce qui se produit durant les formes les plus graves au cours de l’infection du Covid-19.

Les patients ayant un système de congestion-inflammation déjà déséquilibré se trouvent dans un état précritique.
Ils ne présentent pas de signes de maladie particulière .
La contamination par le covid -19 les fait rapidement basculer dans l’expression la plus grave de la maladie.

La sous-oxygénation, de quoi s’agit-il ?

C’est un déficit d’O2 disponible dans les tissus (hypoxie) même s’il est en quantité suffisante dans l’air. Or, l’organisme ne l’assimile plus correctement. C’est ce qui se passe en effet dans de nombreuses situations. Citons quelques exemples: la pollution atmosphérique, le tabagisme, l’altitude, le stress, l’âge avancé. Mais aussi les pathologies respiratoires (telles que les infections pulmonaires, l’asthme, les bronchites chroniques), tout comme les maladies circulatoires.

Les conséquences de cette hypoxie sont multiples. En voici les plus importantes :

Altération du métabolisme

  • Il y a une diminution de la production d’ATP, les réactions biochimiques sont incomplètes, les déchets s’accumulent et intoxiquent progressivement l’organisme.

Excès de radicaux libres

  • Cet excès entraîne un stress oxydatif et une dégradation des systèmes de défense.

Impact sur le système nerveux central

Le cerveau est le plus gros consommateur d’O2 donc le premier touché d’où le déclenchement de signaux d’alarme : fatigue chronique, nervosité, défaillance de la mémoire.

COVID-19 et approche médicale systèmique

Le maintien de la vie dépend de la capacité de l’organisme à maintenir l’homéostasie ( équilibre). La survie de l’organisme est ainsi liée à sa capacité de réagir et de s’adapter à des menaces constantes de nature physique ou émotionnelle.

La réponse coordonnée de l’organisme implique les systèmes nerveux, endocrine et immunitaire.

COVID-19: Sur le plan neurovégétatif :

Il y aura une sollicitation plus forte du parasympathique .
Car l’organisme va vouloir augmenter l’apport et le temps de contact entre l’air ambiant et les alvéoles, pour augmenter l’apport d’oxygène. Ceci par la congestion.
L’alphasympatique va être plus actif également.
Il favorise la contraction des vaisseaux vasculaire et peut épaissir les sécrétions si présentes.

Ce système va être « débordé » et au lieu d’aider l’organisme, il va l’entrainer dans l’aggravation des symptômes.

COVID-19: Sur le plan endocrinien :

La réponse inflammatoire et immune sont souvent des réponses à un stress.

Cependant les mécanismes de défense associés à la réponse inflammatoire et immunitaire peuvent menacer l’homéostasie et entraîner la mort au lieu de protéger l’organisme.

Le cortisol est une hormone essentielle à la vie. Il exerce une multitude d’effets. Il intervient dans la régulation des métabolismes des sucres, des protéines et des lipides. Tout comme dans le contrôle de la réponse immune et de façon plus générale la médiation des réponses de l’organisme au stress.

La fonction physiologique principale du cortisol est le maintien de l’homéostasie.

Sa sécrétion est augmentée dans une situation de stress (ou infection). Sa fonction alors n’est pas de protéger l’organisme contre la source du stress (ou infection). 

Mais il agit contre les propres mécanismes de défense de l’organisme car leur activation menace l’homéostasie. C’est-à-dire qu’il doit diminué l’activité inflammatoire provoqué par les défenses immunitaire .

Celui-ci n’est pas suffisamment efficace face à l’inflammation qui est plus importante.

Les hormones thyroïdiennes peuvent être « débordées » et ne pas répondre correctement à l’invasion du virus.

Elle peuvent ne pas être suffisamment efficaces pour augmenter le métabolisme de base.
Mais elles peuvent être au contraire trop actives et entrainer un métabolisme trop fort.

Comme nous l’avons vu plus haut : Pour produire de l’énergie, il nous faut de l’oxygène et un combustible : le sucre.
Le pancréas sera très sollicité d’une part par le cortisol pour produire du sucre. D’autre par la branche parasympathique du nerf vague pour produire les enzymes indispensable à la digestion et à l’assimilation des protéines et des graisses.

COVID-19: Soutenir notre organisme

Covid 19 : le Système de santé à bout de souffle.

À l’heure actuelle nous n’avons pas le traitement permettant d’éradiquer le virus .

Hormis les protections de barrières recommandées indispensable et  nécessaires , comment pouvons-nous  à notre niveau aider le corps médical ?

En utilisant le raisonnement systémique , nous pouvons agir sur notre système neuro endocrinien.

Comment ?

Examinons les circonstances dans lesquelles l’organisme peut- être déstabilisé.

En effet, cette situation de santé publique inédite provoquée par la pandémie Covid-19 est un facteur favorisant ou bien aggravant des états de stress comme:

  • une angoisse, un stress augmentent l’action de l’alphasympathique d’une part et l’activité du cortisol, d’autre part.
  • une alimentation non équilibrée plutôt riche en graisses cuites et en sucres, les grignotages sollicitent le parasympathique pour la digestion.
  • un mauvais sommeil : le sommeil profond (NREM) est sous la dominance relative du parasympathique qui permet un bon endormissement. Si celui-ci est en permanence sollicité durant la journée pour des grignotages, notamment tard le soir, ou des repas copieux, il ne sera plus efficace pour l’endormissement, mais augmentera les risques de congestion pulmonaire et ORL. 
Retour soleil
Covid 19 et approche intégrative

LE BON RÉFLEXE À ADOPTER :

Le but est ici de rééquilibrer l’activité du parasympathique et de l’alpha sympathique.

Donc diminuer la sécrétion, la congestion, l’inflammation.

Alimentation

  • Limiter les grignotages
  • Mastiquer
  • Reprendre une alimentation saine et pauvre en glucides et graisses cuites.
  • Varier les plats et les saveurs.
  • Remettre de la couleur dans les assiettes

Cela va diminuer la sur-sollicitation du pancréas et de fait diminuer l’action du parasympathique . Ce qui aura comme conséquence une diminution de la congestion, et une réponse plus équilibre du système neurovégétatif.

Activité physique

  • Une petite marche , le temps de découvrir des activités à faire à la maison ou dans le jardin.
  • Pourquoi pas danser?

Cela va également améliorer la gestion des réserves énergétiques, augmenter l’évacuation des déchets cumulés, stimuler les fonctions émonctorielles (élimination) et les systèmes tampons.

La relaxation

La relaxation est importante pour réduire le stress et l’anxiété.

  • C’est le temps d’écouter des musique entrainante, ou reposante .
  • Il existe plusieurs façon de se détendre, découvrez ce qui est le mieux pour vous.
  • Gardez le contact sociale avec vos amis, vos proches, à partager vos sentiments.  

Cela va diminuer l’intensité de l’alpha-sympathique et donc de l’inflammation.

Sommeil

  • Gardez un rythme régulier : couchez-vous avant minuit .

  • N’utilisez pas les écrans tard le soir.

Et pourquoi pas une tisane?

Afin d’aider la digestion du pancréas l’aigremoine est la plante idéale.

Les fleurs de passiflore et de lavande viendront compléter votre tisane avec leur coté calmant.

Et pour finir vous pouvez y rajouter de la camomille allemande . Elle viendra apporter son rôle de décongestion et également calmant et diminuer l’inflammation (sans être un anti inflammatoire).

EN CONCLUSION

C’est un temps également pour reprendre contact avec votre essence et votre souffle.

Et d’observer le vivant en chacun de nous : le souffle.

Le souffle qui témoigne que nous sommes en vie.

Prenez soins de vous !